Etangs de Fos à Istres

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Mise à jour le 24/08/2016

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Présentation

Situé entre deux territoires de grandes valeurs ornithologiques, la Camargue et l’étang de Berre, le site des étangs entre Istres et Fos offre un biotope pour des centaines d’oiseaux, jouant un rôle de zone refuge, d’alimentation ou de nidification tout au long de l’année. A proximité d’un territoire urbain et industriel, ce chapelet d’étangs situé au cœur de collines méditerranéennes est un paysage atypique en Provence calcaire. 

Le salin de Rassuen est situé au nord de l’étang de Lavalduc. Il comprend l’étang de Rassuen qui est de faible profondeur mais d’une très grande salinité et  s’étend sur 15 ha ; ainsi qu’une étendue de 40 ha de marais.  Légèrement plus haut que les autres étangs du secteur par rapport au  niveau de la mer, l’étang de Rassuen fait partie avec l'étang de Citis, l'étang d'Engrenier, l'étang du Pourra et l'étang de l'Estomac des occupants des dépressions d'origine éolienne.

L'étang du Pourra, situé au sud-ouest de Saint-Mitre-les-Remparts, est séparé de l'étang d'Engrenier par un étroit plateau sur lequel s'étend la forêt de Castillon. C’est un étang vaste (162,54 km2 ) et peu profond qui à tendance à s’assécher fréquemment.

Situé au nord de Saint-Mitre-les-Remparts, l’étang du Citis s’étend sur une superficie moyenne de 80,18 km². Enfermé et imperméable, il lui arrive de s’assécher en été,  sa surface est variable et semble s’être modifiée au cours du temps. Il est séparé, d’une part, de l’étang de Lavalduc à l’ouest par un isthme étroit constitué d’une colline boisée, d’autre part, de l’étang de Berre à l’est par un massif.

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Activités

Inclus dans un contexte urbain et industriel, le site « Etangs entre Istres et Fos » est un espace naturel et rural où se mêlent de nombreux usages. L’activité agricole représente 120,7 ha soit 9.8 % de la superficie de la Zone de Protection Spéciale. Ces parcelles se situent essentiellement sur les communes de St Mitre et Port-de-Bouc, autour des étangs du Pourra et de Citis.

Plan Fossan, cette grande plaine agricole située à cheval sur les communes de St Mitre et Port-de-Bouc, regroupe plusieurs agriculteurs et éleveurs du territoire du Pays de Martigues. Sur la ZPS on dénombre 5 exploitations agricole et du pastoralisme (ovin au sud de l’étang du pourra et équin au Nord de l’étang du Citis).

Les activités de loisirs sont nombreuses sur la ZPS. Par exemple sur la zone du Castillon, véritable poumon vert pour les habitants des communes voisines, les activités de loisirs sont bien représentées, notamment la chasse, le vélo, la promenade pédestre équestre et culturelle. Sur l’étang de l’Estomac on y retrouve des activités nautiques et de manière plus générale sur l’ensemble de la ZPS l’activité de pêche de loisir est autorisée.

Saint Blaise, véritable berceau culturel, accueille également des archéologues grâce auxquels se poursuivent des travaux de restauration des vestiges archéologiques.

Les anciens salins de Fos et salines de Rassuen, étaient autrefois des lieux d'exploitation et de production de sel. Néanmoins, si cette activité à aujourd’hui cessée,  ils témoignent encore d’un patrimoine industriel important pour le territoire. Les anciennes tables salantes, toujours présentes, constituent des habitats favorables à l'avifaune.

Depuis le début du XIX ème siècle, le pourtour de l’étang de Berre a suscité une vive dynamique industrielle de par les ressources naturelles locales.  Les lieux-dits de Rassuen et Plan d’Aren ont été les premiers sites où les industries de soude avec le procédé Le blanc se sont installées. Aujourd’hui, cette activité passée a laissé des traces notamment en termes de pollution des sols et de l’eau de la saline de Rassuen.  Les étangs de Lavalduc et Engrenier servent depuis les années 70 de bassins de concentration de saumure. Par ailleurs, un Centre d'Enfouissement Technique est en phase de réhabilitation à Valentoulin : les déchets empilés reposent aujourd'hui sous une épaisseur de 60 cm d'argile, une autre couche "géotextile" composée de matériaux drainant les eaux et 40 cm de terre végétale au sommet. A l’issue d’une longue période de 30 ans durant laquelle des contrôles seront assurés par les services de l'Etat,  les grillages de l’ancienne décharge seront abattus et on s'achemine vers l'hypothèse d'un parc naturel pour l'avenir du site.

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Faune - Flore

 La ZPS est composée de 14 grands types d’habitats, dont les milieux aquatiques qui représentent plus de la moitié de la superficie de la zone, avec notamment 13.6 % de lagunes côtières et marais maritimes. On y retrouve pratiquement ¼ de milieux forestiers et semi-naturels, 10 % environ de milieux naturels ouverts, 12,3% de milieux agricoles et 2,4% de territoires industrialisés.Concernant la Flore et les habitats naturels remarquables de cette Zone,  on y trouve des espèces rares et protégées comme le rhodophyta.

Les garrigues à dominantes tantôt argileuse tantôt sablonneuse des plans d’eau permettent le développement de nombreux peuplement d'Hélianthème, principalement le long des pistes et parfois accompagné de liseron rayé.

 

Le site présente  une couverture végétale multiple selon les milieux : herbiers aquatiques dans les eaux libres, roselières en ceinture et en îlots. Dans les secteurs dessalés et rapidement exondés se développe la Bugrane sans épine tandis que sur la surface des berges, régulièrement inondée, croissent  les habitats à Crypsydes piquants ou à salicornes.

La mosaïque d’habitats secs ou humides imbriqués assure la coexistence d’une avifaune aquatique et d’une avifaune méditerranéenne xérophile.

La Zone de Protection Spéciale « Etangs entre Istres et Fos » héberge un grand nombre d’espèces d’oiseaux, près de 200, protégées et patrimoniales. Parmi elles, on observe l'Echasse blanche, le Grèbe à cou noir, le Héron pourpré.

A  la fois quartier d’hivernage pour les oiseaux d’eau et zone de nidification, on rencontre des laro-limicoles, des ardéidés, des passereaux paludicoles et des rapaces. L’inventaire de 2009-2010 a révélé que parmi les 32 espèces visées à l’annexe I de la Directive Oiseaux 4 sont sédentaires, et 27 espèces d’oiseaux migrateurs ont été recensées, dont19 sont nicheuses et 13 hivernantes. Les inventaires ont permis de recenser 32 Espèces Migratrices Régulières, parmi lesquelles 4 sont sédentaires.

La zone est également un  site de reproduction  d’espèces rares d’amphibiens tels que le Pélobate cultripède.

Cette diversité de flore et de faune est due au rythme annuel d'inondation et d'exondation.

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Problématique

Les marais doux à roselières comme l'étang du Pourra, et les marais salants tels que l'étang de l'Estomac et les anciens salins de Fos, constituent les habitats à plus forts enjeux sur la ZPS car ils abritent la presque totalité des espèces patrimoniales. Or, l’évaluation de l’état de conservation des espèces d’oiseaux de la ZPS montre que plusieurs espèces, dont 6 Migratrices Régulières de la Directive Oiseaux présentent un état défavorable: Grèbe à cou noir, Tadorne de Belon , Nette rousse , Petit-duc scops,  Huitrier pie, Petit Gravelot, Chevalier gambette, Mouette rieuse.

Cela est principalement lié à :

  • la spécificité de l’habitat de l’espèce
  • le dérangement (fréquentation humaine à proximité des nids, prédation, compétition avec d’autres espèces plus dynamiques)
  • la gestion hydraulique
  • l’abandon de pratique traditionnelle dans les marais salants
  • la gestion des roselières
  • la modification des pratiques agricoles

De plus, les oiseaux estivants nicheurs sont sous la menace des facteurs le long des axes migratoires et des quartiers d’hivernage (période de sécheresse, pluviométrie importante etc....).

Certaines espèces sont présentes en effectifs faibles au sein de la ZPS. L’analyse écologique met en évidence cinq espèces à très fort enjeu de conservation : le héron pourpré, le blongios nain, l’avocette élégante, la sterne naine et la talève sultane.

 

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Gestion

Désignée par arrêté ministériel en mars 2006, la Zone de Protection Spéciale  «étangs entre Istres et Fos » concerne 1225 hectares de zones humides, forêt et plaine agricole répartis sur les communes de Fos-sur-Mer, Istres, Saint-Mitre-les-Remparts et Port-de-Bouc. La ZPS « Etangs entre Istres et Fos » est situé au carrefour d’un bassin de vie important le SCOT Ouest étang de Berre, composé de 9 communes. La Communauté d’Agglomération du Pays de Martigues, EPCI composée des communes de Martigues, Saint-Mitre-les-Remparts et Port-de-Bouc et compétente en matière de protection et préservation de l’environnement devient en 2009 opérateur du site Natura 2000. Ces communes sont concernées aussi par  le Syndicat d’Agglomération Nouvelle Ouest Provence (SAN Ouest Provence).

Les richesses naturelles ont été reconnues par les inventaires ZNIEFF et ZICO. Le site inscrit « Abords du champ de fouilles de Saint Blaise à St-Mitre-les-remparts » a été désigné par arrêté ministériel du 08 juin 1967, au titre de la loi du 2 mai 1930 relative à la protection des monuments naturels et les sites de caractères artistiques, historiques, scientifiques, légendaires ou pittoresques.

Les espaces boisés classés au titre des documents d’urbanisme communaux (POS et PLU) interdit tout changement d'affectation ou tout autre mode d'occupation du sol, sauf dérogation par arrêté préfectoral. Le Conservatoire du Littoral intègre le secteur des étangs dans son périmètre d’acquisition prioritaire. A ce jour, 231ha du site Natura ont été acheté, le gestionnaire n’a pas été nommé.

Après deux années d’élaboration du DOCument d’OBjectifs engagé par la Communauté d’Agglomération du Pays de Martigues (CAPM), le Comité de Pilotage du 22 mars 2012 a validé le DOCOB. La CAPM poursuit son action pour une durée de 3 ans puisqu’elle a été désignée structure animatrice.  

  

L’étang du Pourra acquis par le Conservatoire du Littoral fait l’objet d’un plan de gestion dont les objectifs s’orientent vers les points suivants:

  • la biodiversité et le paysage : restauration, maintien et développement de la biodiversité remarquable sur le site
  • la sensibilisation des acteurs du territoire
  • un système de management à une échelle locale mais aussi globale du territoire

L’inventaire ornithologique réalisé par Naturalia et la LPO PACA confirme l’intérêt avifaunistique et réalise un inventaire précis des oiseaux nicheurs et hivernants du secteur.

Le diagnostic socio-économique dresse le bilan des activités et usages qui s’exercent sur ce territoire. Aussi la concertation menée dans le cadre de l’élaboration du DOCOB a permis de réunir tous les acteurs locaux. 

 L’analyse croisée du diagnostic ornithologique et socio-économique a mis en avant trois objectifs de conservation majeurs :

  • Maintenir ou restaurer les marais intérieurs et plans d’eau
  • Maintenir ou restaurer les marais salants et la lagune littorale
  • Maintenir et préserver les zones agricoles

Le programme d’actions décline de grandes opérations de gestion thématiques comme la gestion hydraulique, le maintien de milieux ouverts, la pratique d’une agriculture raisonnée etc…

Désormais les propriétaires, gestionnaires ou mandataire pourront contractualiser des mesures en faveur de la conservation des espèces d’intérêt communautaire et de leurs habitats d’espèces.

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  • Acteur(s) :

Marion Di Liello [MAPM]