Marais du Vigueirat

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Présentation

Situés à la jonction du Delta du Rhône et de la plaine de la Crau, les marais du Vigueirat s’étendent sur 958 ha du hameau de Mas-Thibert à l’étang du Landre. Ils sont constitués de zones humides naturelles et d’anciens polders agricoles aujourd’hui reconvertis en prairies et marais. Les habitats naturels du site composent une mosaïque de diversité, avec des  milieux caractéristiques du delta du Rhône, allant des plus salés (sansouïre) aux plus doux (roselière).

Ces marais sont en grande partie endigués, la circulation d’eau est donc contrôlable et de ce fait ils sont aussi une zone d’expansion des crues du canal du Vigueirat. L’eau d’irrigation est pompée sur le canal d’Arles à Fos.

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Activités

Le site des marais du Vigueirat a vocation à offrir des espaces protégés et diversifiés pour l’accueil de nombreuses espèces, mais aussi à être un site d'écotourisme durable, moteur d'un développement rural durable pour le territoire alentour.

Malgré son statut de zone protégée, les Marais du Vigueirat sont aussi un site touristique et ouvert au grand public. En effet, le site constitue un projet pilote d’écotourisme avec le soutien du WWF, de la mairie d'Arles et du programme européen Life PROMESSE. Pour 100 000 visiteurs prévus par an, les Amis du Vigueirat proposent des visites libres sur des sentiers à thème, des observations d’oiseaux et autres animations gratuites. Une entreprise de Mas-Thibert propose également des promenades en calèche à travers le marais qui représente, grâce à ces activités, le second pôle d’emploi du Mas-Thibert.

L’élevage a aussi sa place sur le site : on compte 4 élevages de taureaux et chevaux de race Camargue qui, par le maintien d’activités humaines sur le site, contribuent à la protection des milieux naturels.

La pêche professionnelle aux écrevisses de Louisiane a été initiée en 2005. Cette activité qui vise aussi à limiter le développement de l’espèce classée nuisible est encadrée par une convention tripartite entre le Conservatoire du Littoral, les Amis des Marais du Vigueirat et les pêcheurs. Près de 2.5 tonnes d’écrevisses ont été capturées en 2007 contre 830 kg en 2006.

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Faune - Flore

C’est dans la dépression du Vigueirat (Marais du Vigueirat, Etang du Landre) que l’on trouve les massifs de roselières les plus importantes, elles sont largement dominées par le Roseau Phragmites australis, mais on retrouve également des roselières à Scirpes et des typhaies. Celles-ci, et en particulier les phragmitaies abritent une avifaune spécifique, rare et menacée, des espèces telles que le Butor étoilé, le Blongios nain, le Héron pourpré, la Lusciniole à moustache ou la Locustrelle Luscinioïde.

Concernant la flore dans sa totalité, 891 espèces ont été répertoriées dont 5 protégées au niveau national, 19 au niveau régional, 105 rares et menacées dans la région PACA. On y trouve notamment la Scorzonère à petites fleurs, qui est inscrite au livre rouge des espèces menacées de France, mais aussi la nivéole d’été, l’orchis à longues bractées, le statice de Provence (protégé au niveau national) ou encore quelques espèces protégées en région PACA: la laîche faux souchet, l’utriculaire vulgaire, le nénuphar blanc qui sont des espèces rares.

L’avifaune des Marais du Vigueirat est remarquable, 300 espèces, soit plus de 60% de l’avifaune française, ont été observées sur le domaine. Le site est d’importance internationale ou communautaire pour 13 espèces d'oiseau, il est le seul de la ZPS « Marais entre Crau et Grand Rhône » à accueillir régulièrement des colonies plurispécifiques de laro-limicoles, et accueille notamment jusqu'à 35 000 canards en hiver (1/4 des canards hivernants de Camargue). Un total de 92 espèces (dont 72 régulières) se reproduisent sur le site, parmi lesquelles les 9 espèces de hérons d’Europe, la nette rousse (10% de la population française), une des uniques populations naturelles d’oie cendrée, et une importante colonie de guêpiers d’Europe.

Deux espèces de la directive Habitats méritent d’être signalées à propos de ce site : le Castor d’Europe et la Loutre d’Europe. Autrefois courante jusque dans les années 1960 aux marais du Vigueirat, plus aucune observation confirmée de loutre n’a été faite depuis les années 1980, elle ne se maintiendrait plus désormais qu’en Camargue, où elle serait très rare (présence récente non formellement prouvée). Quant au castor, quelques individus sont notés régulièrement dans les marais.

Une espèce de libellule, la Leste à grands stigmas a été découverte aux marais du Vigueirat en 2005.

  

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Problématiques

Les espèces invasives 

Les habitats et habitats d’espèces des sites Natura 2000 sont sensibles à la colonisation d’espèces invasives. Notamment les jussies qui peuvent concurrencer les autres herbiers de végétation immergée et perturber l’écoulement des eaux. Le Séneçon, un arbuste d’ornement en cours d’implantation menace particulièrement les marais à marisques et certaines roselières.

L’écrevisse de Louisiane, présente en abondance dans les marais du Vigueirat pourrait potentiellement mettre en danger les populations d’amphibiens les plus vulnérables. La tortue de Floride est également considérée comme une concurrente de la cistude d’Europe. La principale menace pour la Bouvière (petit poisson de la famille des carpes, typique d’Europe centrale et orientale mais assez rare en France) est la raréfaction des mollusques nécessaires à sa reproduction, raréfaction due à la dégradation de son milieu et à la pollution, mais aussi à sa prédation par le Ragondin et le Rat musqué.

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Gestion

Les Marais du Vigueirat sont propriété du Conservatoire du Littoral, ils représentent en effet l’un des plus grands domaines acquis par le Conservatoire du Littoral dans la région PACA. Leur gestion est déléguée à l’Association des Amis des marais du Vigueirat depuis janvier 2001, dans un objectif de conservation de la nature et d’accueil du public. Un premier plan de gestion a été mis en place sur le site en 1994 et un nouveau plan de gestion est en cours d’élaboration.

Les Marais du Vigueirat ont été classés Réserve Naturelle Nationale en 2011.

Pour le gestionnaire, l’objectif initial et prioritaire est celui de la protection du patrimoine naturel, notamment dans la zone « sanctuaire » qui couvre les 9/10 du territoire : sur ce secteur biologiquement riche et diversifié (future réserve naturelle nationale) a été analysé un seuil maximal de fréquentation à ne pas dépasser : pas plus de 10 000 visiteurs par an. Seules les visites accompagnées y sont autorisées.

A cet objectif de base s'est ajouté un vaste projet, avec la création d’un pôle d’attractivité écotouristique dans la limite de la fragilité du site,dans ce secteur vierge de tourisme et hors des axes touristiques classiques, avec pour objectif le développement du territoire alentourà savoir Mas-Thibert et le Grand Plan du Bourg - un développement rural, et durable. Pour cela, le centre éco-touristique des Marais du Vigueirat devra arriver à terme à 50 000 ou même 100 000 visiteurs. (Source site web des Marais du Vigueirat))

Le site a également bénéficié de la mise en œuvre de nombreux projets permettant de mieux protéger le site et aussi de développer l’accueil « éco-touristique » . Le nouveau  projet LIFE+ENVOLL qui porte sur la conservation des laro-limicoles a officiellement commencé en juin 2013.

La gestion de la roselière présente un enjeu important pour les Marais du Vigueirat car l’oie cendrée et la Nette rousse nichent toutes deux dans les roselières inondées. Le maintien de niveaux d’eau constants pendant toute la période de reproduction est donc à encourager sur les secteurs importants pour ces espèces. La tranquillité de ces sites est également à préserver car l’oie cendrée s’y installe pour nicher sur les sites de ponte dès le mois de janvier.

Parallèlement à la gestion conservatoire des marais, une démarche d’ouverture au grand public a été engagée par les gestionnaires des marais, c’est pourquoi deux zones ont été définies : une zone de protection qui occupe 90% des marais et où l’accès est fortement règlementé; et une zone de découverte de la nature qui s’étend sur environ 100 ha d’anciennes zones agricoles et où les objectifs de sensibilisation et de pédagogie sont prioritaires.

D’autres projets sont à l’étude :, un programme de création de mares temporaires sur des zones dégradées par l’anthropisation, deux nouveaux sentiers pédagogiques, une future "Maison du terroir" à Mas Thibert, le développement d'un Centre d'Ecologie Appliquée et de Formation comme lieu de démonstration de réduction de l'empreinte écologique et d'apprentissage à vocation  méditerranéenne.

  

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