Etangs du Landre, de l’Oiseau et salin du Caban

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Présentation

Les marais du Landre (comprenant l’étang du Landre, les marais des Tremblants, le Grand Clos  et les Pointes) sont situés au nord de la commune  de  Port-St-Louis et couvrent près de 500 ha. Ils reçoivent les eaux de drainage de la nappe de Crau ainsi que les eaux du canal du Vigueirat. Le Landre est constitué de plusieurs plans d'eau bordés de vastes roselières à phragmites. Sur le Grand Clos et les Pointes, les sols limoneux plus ou moins salés sont occupés par des prés salés et des sansouires.

Le secteur de l’étang de l’Oiseau et des anciens salins du Caban et du Relai, qui compte  1800 ha, est délimité au nord par le canal du Rhône à Fos, au sud par la route N268 et à l’ouest par une voie ferrée.  Les anciens salins du Caban et du Relai - dont l’exploitation a été arrêtée au début des   années 70 - occupent la moitié orientale de ce secteur (soit plus de 600 ha). Les caractéristiques physiques du salin du Caban (étendue d’eau salée côtière, peu profonde, de salinité et de volume d’eau variables, séparée de la mer par une barrière) et sa végétation, appartenant au Ruppietea maritimae, permettent de ranger le site parmi les lagunes côtières méditerranéennes végétalisées.

 

La composition très originale des groupements végétaux est probablement liée au caractère endoréique de cette lagune (absence de grau), qui conditionne des apports en eau douce aléatoires et une augmentation très graduelle de la salinité entre l’hiver et l’été. Ces facteurs permettent à des espèces annuelles, peu compétitives mais très spécialisées de se maintenir et de prospérer. Ces sites sont actuellement dominés par de vastes étendues de sansouires, de prés salés et de lagunes temporaires. Les habitats de « steppe à saladelles » et de « lagunes méditerranéennes», jugés d'intérêt communautaire prioritaire, y couvrent de vastes superficies.  Les espèces végétales en place (notamment Lamprothamnium papulosum) témoignent d’un très bon état de conservation de l’habitat.

 

Ces anciens salins ont localement été couverts de remblais sableux et de cailloutis de Crau provenant du creusement des darses du port de Fos.

Au sud-ouest,  les marais de l’Oiseau ont également été couverts de remblais hydrauliques dans les années 1970 ; ils sont aujourd’hui dominés par des sansouires et des friches sableuses.

A l’ouest subsistent des espaces présentant une plus forte naturalité (sansouires, roselières et plans d’eau vestiges de l’étang de l’Oiseau). Au nord s’étend une bande de friches agricoles aujourd’hui couvertes de prés salés, de pelouses et de sansouires.

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Activités

Au-delà même de son intérêt pour la biodiversité, ce site représente un fort potentiel en termes de qualité de vie, de paysage, de santé et de tourisme, au sein d’une zone à dominance industrielle.

Le site des marais entre Crau et grand Rhône présente des habitats fortement anthropisés et dominés par l’agriculture. En 2000 on dénombrait 695 exploitations agricoles réparties sur un total de 49,5 ha, soit 1/3 de la Surface Agricole Utilisée du département PACA.

Après l’agriculture et l’élevage, la chasse est une activité prédominante en interaction avec les milieux naturels et les autres activités socio-économiques du territoire.

Les richesses du patrimoine historique et culturel associées à la proximité de sites et milieux naturels remarquables et emblématiques favorisent une fréquentation touristique importante sur les communes du site.

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 Faune - Flore 

 

 

 

 

  

Les salins du Caban, du Relai et l’étang de l’Oiseau constituent des milieux humides d’eau salée, extrêmement intéressants pour l’avifaune.

 

 

 

 

 

La richesse des peuplements d’oiseaux dans les marais au nord et à l’ouest de la Crau a justifié la désignation de la ZPS. Cette zone accueille régulièrement 60 espèces listées à l’annexe I de la Directive Oiseaux, auxquelles s’ajoutent de façon  régulière une vingtaine d’autres espèces. Nous pouvons en effet rencontrer sur le site des ardéidés, des rapaces, des oiseaux appartenant à l’avifaune steppique, des oies et des canards, des paludicoles, des laridés et des limicoles, des coraciiformes et des grands échassiers.

 

 

Par ailleurs, 5 espèces de chiroptères recensées sur le site figurent à l’annexe II de la Directive Habitats: le Grand rhinolophe, le Petit Murin, le Murin de Capaccini (exceptionnelle sur la zone), le Murin à oreilles chancrées et le Minioptère de Schreibers.  Une population de Pélobate cultripède (espèce d’amphibien en déclin et vulnérable) a été trouvée dans les vastes sansouires des salins du Caban.

 

 

 

 

Un inventaire floristique réalisé par la Tour du Valat a montré que sur la centaine d’espèces protégés ou présentant un statut de conservation défavorable présentes sur le site,  9 d’entre elles sont en liste I du livre rouge national.

Des inventaires biologiques sur la flore aquatique du salin du Caban ont mis au jour un patrimoine écologique exceptionnel. En effet, on trouve sur cette lagune 90% de la population française d’Althénia filiformis, une espèce protégée, endémique du nord du bassin méditerranéen, ainsi que Ruppia maritima et le Lamprothamnium papulosum, une espèce littorale en forte régression dans son aire de répartition et désormais présente seulement dans quelques sites en France. Mais le plus remarquable avec le site du Caban, est qu’il est le seul endroit en France (et le 7ème dans le monde) où se rencontre la charophyte Tolypella salina, redécouverte ici alors qu’on la croyait disparue de notre pays depuis trente ans.

 

 

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Problématique

Les habitats des sites Natura 2000 sont sensibles à la colonisation d’espèces invasives. Notamment les jussies qui peuvent concurrencer les autres herbiers de végétation immergée et perturber l’écoulement des eaux. Le Séneçon, un arbuste d’ornement en cours d’implantation menace particulièrement les marais à marisques et certaines roselières. Quant à la tortue de Floride, elle est considérée comme une concurrente de la cistude d’Europe.

Le site doit également faire face à des problèmes liés à l’utilisation des canaux, tels que des dégradations ; la présence d’espèces envahissantes ; l’augmentation des eaux de ruissellement due à l’extension des zones urbaines et qui peuvent provoquer des crues et poser des problèmes d’évacuation des eaux.

L’étang du Landre est quant à lui abondamment touché par la pollution par les plastiques, conséquence de la présence de la décharge d’ordure d’Entressen. Les plastiques sont abondants dans la partie nord du Landre, en aval immédiat du canal du Vigueirat, ainsi que dans la partie centrale de l’étang suivant un axe nord-ouest sud-est. Les débris plastiques seraient concentrés dans les 10 à 20 premiers centimètres de sédiment.

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Gestion

Situés dans la « couronne verte » de la Zone Industrialo-portuaire de Fos, les marais du Landre ont fait l’objet d’un premier plan de gestion établi par le Port Autonome de Marseille en 2007.Suite à la révision quinquennale du Plan de Gestion des Espaces Naturels du Grand Port Maritime de Marseille, un nouveau plan d’actions est mis en oeuvre pour la période 2012-2018, et s’applique à 3000 ha de sites intégrés à la zone industrielle et portuaire de Fos (ZIP) (bassins Ouest).

Depuis la mise en place du premier PGEN, plusieurs sites de la couronne verte de la ZIP de Fos sont protégées par un statut réglementaire : en 2009, le Tonkin est designé par un arrêté préfectoral de protection de biotope (action PGEN). Fin 2011, le passage au statut de Réserve Naturelle Nationale de la réserve des Marais du Vigueirat a initié l’élaboration d’un plan de gestion des quelques 1200 ha immédiatement au nord du secteur Landre. Les principaux objectifs de la gestion de ce site sont :

  • de conserver les habitats, maintenir et accroître la diversité biologique, renforcer l’aspect naturel du paysage,
  • prendre en compte les activités humaines au travers d’activités telles que la gestion quotidienne du site, l’ouverture au public, la recherche appliquée sur le fonctionnement des zones humides et leur gestion, l’intégration du site dans le tissu socio-économique local.

L’ étang de l’Oiseau et les anciens salins du Caban et du Relai sont placés sous la juridiction du Port Autonome de Marseille et bénéficie d’un classement en Zone de Protection Spéciale (arrêté ministériel du 3 mars 2006). Environ 600 ha sont situés dans la « couronne verte » de la Zone Industrialo-portuaire de Fos, les superficies restantes étant des réserves foncières visées pour des aménagements industrialo-portuaires par le Port Autonome de Marseille (DTA du 10 mai 2007).

Une ZICO (Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux) d’une superficie de 5650 ha comprend les salins du Caban.

Un certain nombre d’objectifs ont été mis en place dans le DOCOB des sites Natura 2000 relatif aux marais entre Crau et Grand Rhône, qui comprennent les étangs du Landre, de l’Oiseau et du Caban. Ces objectifs sont les suivants :

  •  Maintenir et améliorer la qualité physico-chimique des eaux
  •  Développer une gestion globale et concertée de la ressource en eau, à l’échelle des bassins versants
  •  Préserver et si possible restaurer le fonctionnement hydrologique des habitats des zones humides (habitats et habitats d’espèces)
  •  Préserver et entretenir la végétation des habitats ouverts et des habitats humides et encourager leur restauration
  •  Favoriser l’expression de la biodiversité forestière
  •  Maintenir et optimiser la richesse écologique et le rôle de corridor des ripisylves

  •  Préserver la biodiversité liée aux canaux (milieux aquatiques et berges)
  •  Limiter les impacts occasionnés par les espèces exogènes invasives dans le respect des habitats et des autres espèces
  •  Maintenir et restaurer les connectivités des populations de vertébrés vulnérables et réduire leurs causes de mortalités
  •  Maintenir les conditions nécessaires à l’accueil du vautour percnoptère et des autres rapaces charognards
  •  Optimiser l’accueil des colonies de chiroptères
  •  Développer un projet socio-économique rural et industriel durable s’appuyant notamment sur l’agriculture, le tourisme, la chasse, la pêche et la protection de l’environnement.

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  • Acteur(s) :

BOCOGNANO Jean-Michel[GPMM]

RELJIC Christian[GPMM]

KOMINO Roland[GPMM]

BOSIO Gérald[GPMM]

 

Sites Internet: Site du Grand Port Maritime de Marseille et Site de l’INPN