Etude des passereaux des roselières en Méditerranée

Bilan de 6 années de suivi

Date de publication : 31/05/2017

En France et partout ailleurs dans le monde, les zones humides et plus particulièrement les phragmitaies sont en importante régression induite par leur exploitation toujours plus intensive. Depuis 2010, Benjamin VOLLOT, de l’Association des Amis du Parc ornithologique de Pont de Gau, étudie les statuts de présence de 4 passereaux paludicoles méditerranéens dont le déclin est à prévenir ainsi que leurs habitats.

Photos : Bouscarle de Cetti © Aurélien Audevard, Lusciniole à moustaches © Marc Thibault, Bruant des roseaux à gros bec © Julien Pappalardo et Panure à moustaches © P. Giffon
 

Le « programme personnel » porté par B. Vollot est basé sur une méthode de Capture-Marquage-Recapture (CMR) par le baguage de 4 passereaux paludicoles : Bouscarle de Cetti (Cettia cetti), la Lusciniole à moustaches (Acrocephalus melanopogon), le Bruant des roseaux à gros bec (Emberiza schoeniclus witherbyi) et la Panure à moustaches (Panurus biarmicus). Le protocole a été mis en place sur ces 4 espèces de passereaux paludicoles méditerranéens définis comme essentiellement sédentaires dans la bibliographie. L’étude s'intègre dans l'axe 3 du Programme National de Recherches sur les Oiseaux (P.N.R.O.) du C.R.B.P.O. et permet d'intervenir sur un réseau de sites fixes (plan d’échantillonnage géographiquement fixe), couvrant 10 mois de l’année en évitant la période de reproduction. Les captures sont effectuées dans les phragmitaies à Phragmites australis. Le protocole de CMR est mené en Provence- Alpes-Côte d’Azur et Occitanie sur un total de 20 sites d’étude, répartis sur les départements des Bouches-du-Rhône du Gard, de l’Hérault  et du Vaucluse et plus ou moins proches du littoral.

Depuis janvier 2011, le cumul des données des 6 années de CMR, ainsi que les informations relayées par le Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux (CRBPO), ont permis de caractériser plus précisément le statut de présence des 4 espèces de passereaux.

  

Les effectifs de capture (baguage) et de recapture (contrôle) sur des sites identiques ou entre plusieurs sites ont été étudiés, mais également le pas de temps séparant ces actions de CMR, et, enfin, les probabilités de capture selon les saisons ont été comparées.

Les premières tendances concernant les statuts de présence de ces 4 espèces ont révélé :

  • les aptitudes aux mouvements pour le Bruant des roseaux à gros bec et la Lusciniole à moustaches,
  • et une tendance accrue au sédentarisme pour la Bouscarle de Cetti et la Panure à moustaches.

 

Une population de Bruant des roseaux à gros bec importante en Camargue :

Les données de CMR confirment la présence d'une population importante du Bruant des roseaux à gros bec sur la Camargue/Petite Camargue (le plus gros noyau de la population) et Hérault au sud de Montpellier (Vagaran/marais du Boulas aux salines de Villeneuve les Maguelone et RNN de l’Estagnol). On note ensuite quelques noyaux à la limite Hérault/Aude vers Fleury, Lespignan, Vendres puis plus au sud vers Salses (PO). L'absence cette espèce dans l'intérieur des terres semble confirmée avec malgré tout une exception sur l' Étang salé de Courthezon dans le Vaucluse. Cette sous-espèce n'existe dans le Monde que sur cette zone et en faibles effectifs en Espagne. La France a donc un rôle majeur dans la préservation de cette richesse.

Déplacements observés pour le Bruant des roseaux à gros bec. Source : B. Vollot, Bilan intermédiaire, avril 2017.

 

Ce suivi réalisé par l’Association des Amis du Parc ornithologique de Pont de Gau permet d’objectiver la gestion des espèces inféodées aux roselières méditerranéennes. Par exemple en partenariat avec le PNR de Camargue, les captures réalisées sur le site de Rousty montrent que sa roselière a un intérêt limité pour les populations nicheuses, en raison d’une sagne hivernale sur 80% du site. En revanche, Rousty devient un site majeur pour les populations hivernantes et migratrices comme le montrent les effectifs capturées nettement supérieurs aux autres sites du programme.

Pour la Lusciniole à moustaches, espèce à enjeu, les déplacements observés montrent que Rousty est non seulement placé le long d’un axe migratoire, mais est au cœur d’un réseau de sites méditerranéens.

Trajets pour la Lusciniole à moustaches, vers le sud : Espagne et vers le nord-est : Hongrie. Source : Benjamin Vollot - Bilan intermédiaire, avril 2017. 

 

  • En savoir plus

Documentation téléchargeable :

 
 
 
 
 
 
 
 
- 2017, B. Vollot, présentation « Roselières et Passereaux paludicoles - Site du Mas du Pont de Rousty, Arles. Comité de gestion du PNR de Camargue 11 mai 2017.
 
 
  • Contact

Benjamin Vollot

Chargé de mission

Association des Amis du Parc ornithologique de Pont de Gau

13460 Les Saintes Maries de la Mer

06-70-94-82-49