Gestion hydraulique de l’étang du Pourra (13)

Vers une étude hydrologique du site

Date de publication : 31/05/2017

Situé à l’ouest de l’étang de Berre, l’étang du Pourra s’étend sur les communes de Saint-Mitre-les-Remparts et Port-de-Bouc. Cette zone humide composée d’une mosaïque d’habitats naturels des plus attractifs pour la faune méditerranéenne, est un joyau serti de basses collines affleurant à la fois sites industriels et agglomérations urbaines. (Etang du Pourra en eau © Pays de Martigues).

En 2008, le Conservatoire du Littoral a acquis les terrains auprès des Salins du Midi. Le site se dénomme Citis-Pourra et se compose de trois entités : le Ranquet (84 ha), le Citis (11 ha) et le Pourra (160 ha). La gestion du Pourra est portée sur 160 ha par le Pays de Martigues, dont 20 ha de parcelles sont sous régime forestier avec l’ONF. 

Inclus dans le site Natura 2000 « Régions des étangs de Saint Blaise », les objectifs de gestion du Pourra sont :

  • la restauration, le maintien et le développement de la diversité remarquable,
  • l’amélioration des connaissances sur les divers groupes taxonomiques,
  • la définition d’un scénario de gestion hydraulique en partenariat avec les SALINS,
  • la surveillance, et l’information.

 

Historique du fonctionnement hydraulique

De la fin des années 80 à aujourd’hui, l’étang s’est vu doté d’un fonctionnement hydraulique artificiel en faveur d’une activité cynégétique principalement. Ce fonctionnement hydraulique repose sur une activité salinière passée et une activité industrielle encore présente. Le Pourra n’a jamais était cultivé en sel.

En 1791, l’étang est asséché grâce à une galerie souterraine « Charleval-Cadenet » d’une longueur de 712 m pour être mis en culture. Celle-ci déverse les eaux de Pourra vers Engrenier. Une série d’épidémie de fièvres conduit à assécher le Pourra à des fins agricoles et ce jusqu’au XXème siècle.

Le ruissellement pluvial du bassin versant constitue le principal apport d’eau vers l’étang.

Le remplissage artificiel de l’étang du Pourra par le canal de Rassuen est actuellement possible par manipulation d’ouvrages hydrauliques lorsque les apports d’eau dans ce canal sont suffisants. Ces apports d’eau venant du canal sont pour la plupart directement liés à la pluviométrie, à la fois très fluctuants et différés sur de longues périodes.

Globalement, le fonctionnement hydraulique des étangs (Pourra, Citis, Lavalduc, Engrenier) et des canaux (Rassuen, canal du Roy, …) s’avère complexe du fait des facteurs suivants :

  • le bassin versant est modulable en fonction des pompages réalisés par le Groupe SALINS
  • les faibles pentes des canaux rendent possible l’inversion de l’écoulement.

 

L’assec de 2016 et son incidence sur les modalités de gestion hydraulique du site

L’année 2016 a été marquée par une pluviométrie des plus faibles et une sécheresse élevée. L’étang du Pourra a subit un assec naturel dès le mois de juin où les niveaux ont rapidement diminué pour être totalement asséché de fin juillet jusqu’aux premières pluies début octobre.

Du point de vue de la gestion hydraulique, l’apport d’eau provenant artificiellement des ouvrages hydrauliques du Groupe SALINS a été arrêté en 2016, au terme d’un bail de chasse en place sur le site depuis la fin des années 80. De ce fait, l’évapotranspiration naturelle et la sécheresse de cette année particulière n’ont été compensées artificiellement.

Compte tenu de l’incidence de cet assèchement, le gestionnaire et le Conservatoire du Littoral étudient les modalités de gestion hydraulique à venir en collaboration avec le Groupe Salins.

 

(Etang du Pourra assec © Pays de Martigues).
Assec 2016 de l'étang du Pourra © Pays de Martigues.  De nombreuses carpes ont été retrouvées mortes suite à l’assec survenu rapidement sur le site du Pourra. Crédit photo ©Marion DI LIELLO/ Pays de Martigues.

 

 

 

Lancement d’une étude en 2017 pour définir la réponse hydrologique du Pourra

Afin de pouvoir envisager une gestion hydraulique de l’étang (maintien d’un niveau minimal, limitation de l’inondation des abords), la réponse hydrologique du bassin versant doit être mieux connue. La première étude envisagée en 2017 par le gestionnaire et le Conservatoire du Littoral, vise à la définition de cette réponse hydrologique face à la pluviométrie locale, ce qui impliquerait 2 approches complémentaires qui sont :

  • le suivi automatisé du niveau de l’étang et le suivi de la pluviométrie locale
  • la modélisation hydrologique dynamique du bassin versant, prenant en compte la pluviométrie, la saturation progressive des sols, les antécédents pluviométriques, la cinétique des écoulements urbains et ruraux et les ouvrages de régulation.

Ce modèle hydrologique du bassin versant sera ensuite intégré au modèle hydraulique global de l’étang et permettra ainsi de définir les périodes les plus favorables aux phases de remplissage de l’étang et d’estimer la durée de ces dernières.

  

Légende : modélisation simple de la mise en eau du Pourra en fonction des cotes de niveau (document de travail - Pays de Martigues)

 

  • Contact 
Marion Di Liello
Responsable service biodiversité éducation environnement
Direction aménagement et développement

Métropole Aix Marseille Provence - Pays de Martigues
04 42 06 90 47